Exercice 6 : EMERGENCE.
Deuxième épisode:
EMERGENCE

Ce travail implique une reconnaissance du projet <<enracinement>> ou de ce qu’iI a établi comme <<trace>>. De nouveaux paramètres s’ajoutent aux précédents.
La hauteur du gabarit de référence est maintenant portée a 9.6 m avec un niveau enterré et deux niveaux émergents.
Le programme est toujours minimal: une suite d’espaces a parcourir. Le projet évolue de Ia simple cave vers une composition de plus grande complexité.
L’étudiant doit se concentrer sur des questions fondamentales telles que:

— L’enterré opposé à I’émergent.
— Le rapport à Ia terre et au ciel.
— Le rez-de-chaussée opposé à I’étage.
— L’articulation entre espaces (juxtaposition, interpénétration) et les relations entre espace vertical et horizontal (par exemple escalier).
— Les rapports entre l’intérieur et I’extérieur ainsi que les transitions et seuils.
— Les relations entre structure, espaces, ouvertures et Iumière.
— Les relations entre parcours et lieux, entre mouvement et repos.
— Les relations entre dimensions et composition.
— Les matériaux et épaisseurs.

Les exemples précieux que I’histoire de I’architecture nous a légué montrent qu’iI y a souvent une théorie sous-jacente qui gère les rapports entre Ia structure et la conception spatiale.
Elle permet de préciser un ensemble de règles pour la formation des espaces. Selon Ia théorie adoptée, certaines décisions architecturales sont “admises>> et d’autres <<exclues>>. L’architecture, lorsqu’elIe se veut cohérente, a besoin d’exclusions... surtout dans une époque comme Ia notre où <<tout>> est possible à priori.
Afin de guider leur projet, les étudiants doivent adopter I’une parmi trois strategies proposées:

— L’espace de la structure où il y a une coincidence rigoureuse entre l’ordre de Ia structure portante
et Ia forme spatiale (par exemple I’architecture classique, E. Viollet-le-Duc, A. Perret, L. Kahn, M. Botta).

— Le plan libre où il y a séparation, voire même contraste, entre l‘ordre de Ia structure portante et
celui des espaces (par exemple Le Corbusier, L. Mies van der Rohe, Van Doesburg, P.Chareau, R. Meier).

— Le Raumplan où Ia structure n’est plus un objet de préoccupation primordiale.
(cette approche n'a pas été étudiée dans le cours de théorie de projet pour sa complexité, à voir dans les années suivantes)
Le porteur cède le pas à d’autres valeurs telles que Ia hiérarchisation, Ia différenciation des Iieux par des hauteurs nuancées,
l’enchaInement d’espaces qui <<se regardent>>, I’espace dans I’espace, ainsi que <<i’ambiance>> intérieure résultant de Ia modénature,
des matériaux et des revêtements (par exempie A. Loos, J.Frank, F.L. Wright).


Chacune des stratégies a sa cohérence propre et aucune ne peut prétendre à une quelconque suprématie par rapport à I’autre en cette fin du 20e siècie.
Certains registres favorisent des architectures plutôt <<représentatives>> et d’autres des architectures plutôt <<domestiques>>.
C’est aussi une question de choix par rapport aux capacités de I’industrie de Ia construction, par rapport au iieu où il faut intervenir et par rapport à I’éthique architecturale.
Une seule certitude: pour mieux apprendre le projet d’architecture, il est préférable de s’imposer I’un de ces trois <<cahiers des charges>> plutôt que de viser d’emblée un assemblage hybride dépourvu de ligne directrice.(source: P Von Meiss : DE LA CAVE AU TOIT)


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